Face à une aire de stationnement, un des symboles de notre temps, une télévision en
pierre est posée. C'est une télé à l'image immobile, elle représente l'univers
ronflant d'une réalité qui se dit en mouvement. Jusque dans la forêt, celle-ci est
présente. Elle nous poursuit avec ses antennes qui défient les distances et les lieux.
Si nous nous appronchons, nous observons, sous cette boîte à clichés minérale, une
seconde plus transparente; un reliquaire, le coffret où se trouve un crâne de cerf en
pierre, qui n'a jamais vécu. C'est une métaphore étonnante de nos temps modernes. On
observe une créature désincarnée en quoi nous pouvons voir une sorte de postulat:
"les médias incarnent un univers en os où la chair est rongée". Une
représentation bestiale d'une transmission plutôt brusque, voire brutale des réalités
humaines. Nous sommes les témoins d'un affrontement entre une communication spectacle,
envahissante à laquelle peu résistent, et un environnement passif, fragile qui permet
cette irruption sans la moindre résistance.
"TELE-RELIQUAIRE" est un manifeste en pierre sur l'ambiguïté entre l'ordre
humain contemporain et l'amour envers la nature. L'objet exposé montre principalement le
monde moderne dans l'impasse. Pourtant si nous nous donnons un peu de mal, cette
expérience nous amènera à réconcilier le monde moderne et son environnement (la
culture scientifique et les désirs humains), afin de rendre efficace l'idée d'une
planète irremplaçable.
Patricia Tolentino.