"PERMUTATION" 

Photo de l'oeuvre retour

En l'air et sous terre, l'arbre se développe par ramifications. Il croit de proche en proche, par noeud, segment par segment, se construit par bifurcations en fonction de son environnement immédiat, contourne les obstacles se déploie vers l'eau et la lumière. Il se diffuse autour de la ligne de force virtuelle, sonne du centre jusqu'à l'aubier. Il peut s'étendre mais ne peut se mouvoir. Déplacer un arbre équivaut à enfreindre un règle élémentaire de la syntaxe du monde. Une telle action relève d'une stratégie décisionnelle inductrice de "poésie matérielle".

La proposition plastique de 4 juillet 1997 en Lorraine se compose d'un double déplacement : permuter deux arbres. Par cette substitution ils perdent leurs indentités d'être enracinés et acquièrent une valeur génétique qui les arrachent à la prose du monde. Un panneau planté dans le sol signale l'opération de sculpturisation... Quand l'érosion, le vent, les parasites, les herbes folles, auront effacé toute trace de permutation, seule une photographie pourra continuer à témoigner de la position initiale des arbres. Saura-t-elle conserver sa valeur probatoire ?

Patricia Tolentino.