"MOBILIER DESURBANISE" Photo de l'oeuvre retour

Un banc, au milieu d'une forêt, partage son assise avec un arbre. Une alliance entre deux éléments qui généralement composent un ensemble, mais qui ne sont jamais ensemble.Ici, ils sont assemblés, et l'un sans l'autre ne produirait pas le même effet. Généralement un banc aide à contempler un lieu. Ici, à priori, on en a pas besoin, et il nous semble déplacé. Cet objet est situé hors de son contexte, et pourtant avec l'arbre il prend sens. Son caractère urbain est enecdotique, et ainsi posé il montre le caractère dérisoire des entreprises humaines. Il nous fait penser à la ville assujettie à une forme de réel instrumental, limitée dans ses frontières où toute vue est une mise en scène. Un véritable milieu construit de toutes pièces, où l'univers végétal est inscrit dans une forme sans espoir de se déployer, de se dérider.

Le transfert d'un élément urbain dans une forêt, nous présente un paradoxe. Pourquoi est-il là?... N'importe quelle pierre ou tronc d'arbre ferait l'affaire du promeneur désireux de s'asseoir. Est-il là pour nous rappeller le comportement artificiel de l'être des villes dans les bois? Comment se situe ce promeneur-ci?... Se laisse t'il porter par la nature enjouée ou se rétracte-t'il au fond de son banc?... Nous pouvons imaginer, qu'à partir du moment ou l'être-banc dépose ses armes urbaines, la nature s'installe à ses côtés, pour entretenir un dialogue. La perception d'une atmosphère naturelle, mettra en évidence son savoir intuitif. Dans ce monde végétal et minéral, brut et pur, des sensations plus fines et perspicaces verront le jour.

Patricia Tolentino.