Pot à pharmacie (XVIIIe)En 1672, Louis XIV, qui cherchait de l'argent pour financer ses guerres, établit un impôt élevé sur la vaisselle de table, en argent ou en vermeil, et en 1689 en interdit la fabrication.

C'est l'origine de l'engouement pour la faience.

Entre 1700 et l 800, les faïenceries s'établissent en réseau serré en Lorraine.

Si Jacques Chambrette (1702-1758) ne s'était pas installé à Lunéville, en ce début du XVIIIe siècle, Lunéville aurait-elle accolé son nom à une faïence de haute qualité artistique ?
On ne peut l'affirmer. Car, le Pays de Lunéville comptait déjà des artisans faïenciers qui excellaient dans la création d'objets utilitaires ou décoratifs.

Bébé, le nain de StanislasCe n'est donc pas par hasard que Chambrette donna son nom à une faïencerie qui, née sous Léopold, prospéra comme manufacture royale sous Stanislas.

L'époque était favorable à la faïence qui vint remplacer la vaisselle plate (métaux précieux), souvent refondue pour permettre au Roy de battre tambour.

De la fenêtre de leurs ateliers, les artistes regardaient s'épanouir les fleurs de Lorraine. Tout comme les frères Hannong le firent à Strasbourg, la vaisselle se couvrit de décors variés et originaux: fleurs, insectes, animaux familiers et chimériques, personnages exotiques et chiens de faïence placés dans les vestibules (d'où découlerait l'expression se regarder en chiens de faïence).

Vint alors la mode du chinois, que les Jésuites ramenèrent de leurs missions souvent périlleuses.

Jacques Chambrette, écrasé par les impôts très élevés en terre ducale, par le fait de Chaumont de la Galaizière, gouvernant pour le roi de France, lorgna vers le territoire épiscopal rattaché à la France, où les sujets de Louis XV étaient beaucoup moins étranglés.

AtelierChambrette installa des faïenceries à Saint-Clément, terre de l'évêque de Metz.

Au XlXe siècle, la famille Keller d'origine allemande, bientôt alliée aux Guérin, redonna vie aux faïenceries en les industrialisant. Grande époque où Lunéville et les environs fournirent une main d'oeuvre compétente.

Le quartier des faïenceries, sous le patronage de Sainte Anne, se développa.

Les Fenal, venus de Pexonne et de Badonviller, prirent la succession de l'entreprise, conservant à Lunéville et à Saint-Clément des emplois sûrs.

La deuxième guerre mondiale marque le déclin.

Dans les bâtiments réhabilités diverses petites et moyennes entreprises ont, aujourd'hui, trouvé asile.

BibelotUn magasin d'usine des faïenceries, encore productive à Saint-Clément, attire le touriste qui peut visiter une exposition permanente d'objets anciens sauvés des différentes catastrophes, dont des incendies ravageurs.

Le musée municipal détient de belles pièces à voir.

Et vous saurez encore que le modèle "réverbère" n'a rien à voir avec celui qu'on allumait autrefois; il s'agit très précisément d'un mode de cuisson... par réverbération.