La tradition des LunévilleusesBroderie de Lunéville

La broderie perlée et pailletée, dite "Lunéville", a fait rêver les élégantes du monde entier.

24 000 ouvrières du pays de Lunéville, de leurs doigts habiles, ont manié le crochet à l'envers sur du tulle, réalisant les dessins conçus par des artistes, pour apporter aux robes la somptuosité des grands soirs!

Les plus grands noms de la Haute Couture ont ainsi pénétré dans les chaumières où, veuves de guerres et orphelines, ces fameuses Lunévilleuses ont gagné un maigre salaire pour réaliser des chefs d'oeuvres vestimentaires inestimables.

Elles étaient fières de leur travail, fières aussi de leur talent (Les termes "Lunévilleuses" et "Lunéviller" figuraient, il y a encore quelque trente ans, dans le Larousse Illustré).

La dentelle au "point de Lunéville" connut une réputation considérable, qui dura jusqu'en 1950 avec la disparition des dernières "Lunévilleuses" sur tulle.

En 1969, deux entreprises de la région, l'une à Baccarat, avec des machines Coudrey, l'autre à Lunéville, avec des métiers modernes, ont donné une nouvelle impulsion à la broderie de Lunéville, permettant de produire des articles de qualité, à des prix accessibles.

Aujourd'hui, seules les Broderies François Bacus, entreprise installée sur la zone des Faïenceries, emploient encore quelques perleuses. Une industrie qui a pratiquement disparu en Lorraine, bien que la broderie de Lunéville fût encore enseignée dans des établissements techniques.